Promulguer la Torah avec amour.
Le miracle de ‘Hanouka s’est déroulé, il y a 2170 ans. D.ieu livra entre
nos mains les grecs qui voulaient, à tout prix, nous éloigner de la vie
juive. Les juifs eurent raison de leurs ennemis et campèrent (« ‘Hanou
») le 25 Kislev (« ka : kaf – hé »). Ils purifièrent le Temple et procédèrent
à son inauguration (« ’Hanouka »). Ils présentèrent à l’autel des
sacrifices de remerciement, des offrandes volontaires en l’honneur de
D.ieu et réinstaurèrent le service au Temple.
Le jour du 25 Kislev est devenu pour toutes les générations un jour
de louanges et de reconnaissance, en souvenir de ce miracle. La commémoration
de cet événement à perpétuité est surprenante. Si nous
devions fêter chaque miracle dont D.ieu nous gratifie, notre calendrier
serait truffé de fêtes ! Nul ne ressemble au peuple juif si habitué aux
miracles et dont la survie dépasse l’entendement.
Nos Sages, de mémoire bénie, nous enseignent que les jours de ‘Hanouka
n’ont pas seulement été fixés en souvenir du miracle mais qu’ils
véhiculent encore, de par leur essence, un message particulier.
La guerre contre les grecs n’était pas une lutte ordinaire. Les grecs ne
désiraient pas porter atteinte à la vie des juifs, ils voulaient, en fin de
compte, les assimiler à leur culture. Ils ne visaient pas à tuer les juifs
hellénisés, ils les respectaient et leur octroyaient de hauts postes. La
culture grecque de l’époque était le symbole d’une culture éclairée,
qui s’étendait jusqu’au bout de l’univers. Il était inconcevable, pour les
grecs de constater qu’un peuple ne subissait pas leur influence, restant
attaché à ses valeurs antiques et originelles.
Cette attitude les blessait au plus profond de leur âme et touchait leur
dignité. Ils essayaient, par tous les moyens, de détourner les juifs de
leur religion et de leur foi. L’existence même de la Torah s’en est trouvée
menacée, à D.ieu ne plaise !
Quelle fut alors la suite des événements ?
Un petit groupe de juifs croyants, observant la Torah et ses préceptes
avec fidélité s’est mobilisé. Ils ont mis en péril leur vie pour combattre
ce gigantesque empire grec. Ils étaient conscients que selon toute
attente logique, leur chance de réussite s’avérait pratiquement nulle.
Leur intention n’était pas la victoire mais le combat. Ils ne voulaient
pas se soumettre à toute manoeuvre, qui aurait porté une quelconque
atteinte à leur identité juive. Ils aspiraient à porter le flambeau de leur
héritage ancestral, avec orgueil et fierté.
Leur dessein était empreint de sainteté, c’est pourquoi D.ieu le fit aboutir.
Des poignées d’hommes faibles ont vaincu des myriades d’hommes
robustes et armés. C’était un prodige incroyable ! Le Talmud cite
un miracle supplémentaire, qui suit cet événement surnaturel (Traité
Chabbath page 21b) :
« Qu’est-ce que ‘Hanouka ? Lorsque les grecs ont pénétré le palais du Temple,
ils ont rendu impures toutes les huiles. Lorsque les Asmonéens les ont vaincus,
ils désiraient allumer la Ménorah. Ils ont cherché et ont fini par trouver
une seule fiole d’huile marquée du sceau du Grand-Prêtre. Elle ne contenait
que la quantité nécessaire pour une journée. Un miracle se produisit, elle
brûla pendant huit jours. L’année suivante, à la même date, ces jours furent
consacrés comme jours de fête, de louange et de remerciement. »
Deux miracles ont donc eu lieu : le miracle de la victoire militaire d’une
poignée d’hommes contre des milliers de guerriers et celui de la fiole
d’huile.
Quel est le miracle le plus spectaculaire ? L’impressionnante victoire
militaire éveille la surprise générale et interpelle tout un chacun qui
se demande : « Comment quelques simples et vulnérables persécutés
sont venus à bout d’un empire si puissant ? »
Pourtant, le Talmud n’abonde pas dans ce sens et déclare que la fête de
‘Hanouka a été fixée en souvenir du miracle de la fiole d’huile et non
pas pour commémorer la victoire. La Ménorah, que l’on allume chaque
soir, rappelle sans équivoque le miracle de la fiole d’huile. Quelle
en est la raison profonde ?
Le miracle de la fiole d’huile porte en lui un message pour les générations
futures. Les grecs, pour déraciner le judaïsme, ont rendu toutesont rendues inutilisables. Que l’huile reste, mais en état d’impureté ! En
hébreu, le mot huile (« chémen ») est composée des mêmes lettres que
le mot âme (« néchama »). Les grecs désiraient souiller l’âme juive. Ils
n’avaient pas pour but de l’éteindre comme Titus, Haman ou d’autres
oppresseurs. Ils voulaient la rendre impure, en distillant des façons de
pensée erronées et hérétiques, issues de cultures étrangères.
Nombreux sont ceux qui se sont trompés en s’éloignant du droit chemin,
se laissant séduire par une culture sans valeur prônée par les
grecs. Impures étaient les huiles, trompeuses, les idées !
Ce n’est qu’après avoir livré une lutte sans répit par les Asmonéens
que la fiole d’huile pure fut trouvée. On doit toujours garder à l’esprit
cette petite fiole d’huile, marquée par le sceau du Grand-Prêtre. Allusion
qui révèle que D.ieu protège ce point infinitésimal, intrinsèque au
peuple juif, qu’aucun élément étranger ne peut atteindre ! C’est l’étincelle
juive éternelle, qui perdure au cours de ce long exil laborieux. Des
milliers d’années se sont écoulées et le peuple juif reste saint. Que ce
soit l’exil de Babylonie, d’Espagne, d’Allemagne, de Pologne, du Maroc,
du Yémen, le peuple juif ne s’est pas assimilé, malgré les difficiles
épreuves traversées.
Cette analyse semble en symbiose avec le contexte actuel !
Malheur à nous si les Sages des générations d’antan : le Rambam,
Rachi, le ‘Hafets ‘Haïm ou le Ben Ich ‘Haï étaient témoins de cette triste
réalité ! La majorité de nos frères, pris au piège des cultures étrangères,
n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le «Chéma’ Israel» ou le
Chabbath. On peut imaginer combien leur détresse aurait été douloureuse
!
Cependant, D.ieu ne s’éloigne pas de son peuple, ni ne l’abandonne.
Même si les huiles deviennent impures, les idées troubles, même si les
âmes pures des enfants d’Israël sont souillées, on peut toujours trouver
une petite fiole d’huile limpide. Il s’agit du point propre à tout juif, niché
au plus profond de son intériorité, qui perdure sans ne jamais être
entaché. Si nous avions la présence d’esprit de le raviver, il s’embraserait
et rayonnerait, d’une lumière éternelle par sa sainteté.